
Forum de l’emploi 2025 : Plongée au Cœur de diverses professions de la Justice Monégasque
Le métier de surveillant pénitentiaire au sein de la Maison d’arrêt de Monaco : Entretien avec Mme Cécile CRESTO-PIZIO, directeur adjoint et M. Gérard Rossi, premier surveillant.
La maison d’arrêt de Monaco joue un rôle clé dans l’application des peines judiciaires et la réinsertion des détenus. Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Mme Cécile CRESTO-PIZIO, Directeur adjoint, ainsi qu’avec M. Rossi, surveillant pénitentiaire depuis presque 40 ans, pour mieux comprendre les enjeux de ce métier exigeant.
Un rôle essentiel dans le fonctionnement de la justice
Mme CRESTO-PIZIO et M. ROSSI nous explique que la maison d’arrêt est chargée de mettre à exécution les peines privatives ou restrictives de liberté. Les surveillants pénitentiaires ont pour mission la surveillance, l’entretien et l’accompagnement des détenus vers leur réinsertion, ce qui correspond au triptyque pénitentiaire.
Un parcours accessible mais exigeant
Pour devenir surveillant pénitentiaire, un niveau bac est requis. Les évolutions de carrière se font en interne, sans concours spécifique. D’autres postes nécessitent des qualifications supérieures : bac +2 pour le greffe et bac +4 pour le pôle direction.
Les compétences indispensables
La rigueur est une qualité essentielle, accompagnée de sérieux et de discernement. L’empathie est utile, mais doit être encadrée pour assurer une gestion efficace des situations parfois tendues. Pour la direction, la gestion des ressources humaines est primordiale.
Des défis quotidiens
Le métier évolue avec l’arrivée de nouveaux profils de détenus, notamment ceux souffrant de troubles psychiatriques. La prise en charge de ces derniers est plus complexe et nécessite une collaboration étroite avec le CHPG et les psychiatres de la Principauté.
Une modernisation du matériel
Parmi les récentes évolutions, l’introduction du scanner corporel a facilité les contrôles tout en réduisant les tensions au sein de l’établissement. Cet appareil remplace les fouilles corporelles manuelles et améliore la sécurité.
Conseils pour les futurs professionnels
Mme CRESTO-PIZIO insiste sur l’importance de bien s’informer avant de se lancer. « Ce n’est pas un métier que l’on choisit par hasard. C’est un travail très difficile malgré tout, qui fait appel à beaucoup de ressources internes. », dit-elle. M.ROSSI conseil de regarder des reportages sur le monde carcéral car cela peut aider à mieux cerner les réalités du terrain.
Un métier à risques
Si les incidents restent rares, le danger est omniprésent. Une évasion a déjà eu lieu, et les extractions de détenus demandent une vigilance constante. En cas de problème, une commission disciplinaire interne assure une réponse judiciaire rapide.
Quelques chiffres
La maison d’arrêt de Monaco compte une cinquantaine de surveillants pour 41 détenus, ainsi que deux directeurs et quatre employés au greffe.
Conclusion : Travailler dans le milieu pénitentiaire demande un engagement fort et une solide résistance psychologique. Ce métier, bien que difficile, reste fondamental pour le bon fonctionnement de la justice et la sécurité de tous.
M. Lanteri : itinéraire d’un étudiant en droit en quête de son avenir
Le droit, une vocation ? Pas forcément. Une révélation ? Peut-être. Pour M. Lanteri, jeune diplômé en quête de son Master 2, le parcours juridique s’est construit progressivement, entre doutes, découvertes et passion grandissante. Nous avons échangé avec lui sur son parcours et ses ambitions durant le Forum de l’emploi.
Un parcours entre Aix, Rome et Paris
C’est à Aix-en-Provence que M. Lanteri a posé les premières bases de son avenir juridique. Après trois ans de Licence en droit, dont une année d’échange à La Sapienza, à Rome, il a poursuivi son chemin à la Sorbonne, où il a validé un Master 1 en droit public général. Et la suite ? Il est en pleine réflexion : « Je suis en recherche d’un Master 2, sûrement à la Sorbonne. J’aimerais trouver une spécialisation qui me correspond vraiment. »
Le droit : un choix pragmatique devenu une passion
Si certains rêvent d’être avocats ou magistrats dès l’enfance, ce n’était pas le cas de M. Lanteri. « Après le bac, je ne savais pas trop quoi faire », confie-t-il. Mais le droit, avec ses nombreux débouchés, s’est imposé comme une évidence. « Ce n’était pas inné, mais j’ai appris à aimer cette discipline au fil des années », explique-t-il. Une belle preuve que la passion peut naître en cours de route !
Un avenir encore à dessiner
Aujourd’hui, l’objectif est clair : trouver le bon Master 2. « Je n’ai pas encore de plan de carrière précis, mais la magistrature m’intéresse un peu », avoue-t-il. Une porte parmi d’autres, dans un univers où les options sont multiples.
Un état d’esprit qui, on en est sûr, lui ouvrira de belles perspectives !
Merci à M. Lanteri d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans la poursuite de ses études et de son parcours professionnel et nous souhaitons le revoir très bientôt de nos futures actions associatives !
La Magistrature en Principauté de Monaco : Un Métier de Rigueur et d’Engagement
La justice est un pilier fondamental de toute société, et à Monaco, elle repose sur des magistrats dévoués à l’équité et à la rigueur. Pour mieux comprendre les rouages de cette profession essentielle, nous avons eu l’opportunité d’interviewer Monsieur Fougeras, magistrat près de la Cour d’appel de Monaco.
Un Parcours Exigeant
Actuellement Conseiller près de la Cour d’appel de Monaco et ancien président du Tribunal Correctionnel pendant dix ans, Monsieur Fougeras nous présente son métier comme généraliste, sans spécialisation précise. Il traite aussi bien des affaires pénales que civiles, ce qui exige une polyvalence et une connaissance approfondie des différents aspects du droit.
Pour accéder à cette fonction, il est impératif d’être monégasque et d’obtenir au minimum un Master 1 en droit, bien que posséder un Master 2 en droit privé soit fortement recommandé. Ensuite, il faut intégrer l’Institut Monégasque de Formation aux Professions Judiciaires et se préparer au concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM), qui dure deux ans. Après cette formation, les jeunes magistrats deviennent référendaires avant d’être titularisés au sein du siège ou du parquet. En tout, ce parcours exige sept années d’études et de formation.
Un Métier de Valeurs et de Défis
Selon Monsieur Fougeras, les qualités essentielles pour être magistrat sont l’honnêteté, l’intégrité, le sérieux et la curiosité. Il insiste sur l’importance de « comprendre pour juger » et de savoir distinguer les affaires impliquant des mineurs de celles concernant des majeurs.
Parmi les défis majeurs de la profession, il met en avant la nécessité de rendre « une justice juste, équitable, comprise et dans un délai raisonnable ». Un équilibre délicat à atteindre, qui demande à la fois une maîtrise des dossiers, une bonne gestion du temps et une prise de décision impartiale.
L’Avenir de la Justice
Concernant l’avenir de la justice, Monsieur Fougeras estime que l’Intelligence Artificielle jouera un rôle de plus en plus important. Il soulève la question cruciale de son adaptation aux principes juridiques, notamment en ce qui concerne la personnalisation des peines. L’intégration de ces outils numériques devra être réalisée avec précaution afin de préserver l’humanité et l’équité des décisions judiciaires.
Un Conseil pour les Futurs Magistrats
Enfin, pour les jeunes qui aspirent à embrasser cette carrière, son conseil est simple mais essentiel : « Faire ses études sérieusement et s’intéresser à la vie. » Une invitation à la curiosité intellectuelle et à l’engagement personnel, indispensables pour ceux qui souhaitent devenir les garants de la justice monégasque.
En somme, être magistrat à Monaco est un engagement exigeant qui repose sur des valeurs fondamentales et une capacité à s’adapter aux évolutions de la société. Un métier passionnant pour ceux qui souhaitent contribuer à l’équilibre et à la justesse du droit.
Propos recueillis le 16 Février 2025 par Laurine Frappa
Publié le 04/03/2025
